par Hans Fehr, conseiller national (ZH)
On a appris récemment que la Commission UE avait bloqué des aides financières pour un montant de 500 millions de francs destinées à la Bulgarie, nouveau membre de l'UE, parce que, selon Bruxelles, la Bulgarie ne progresse pas dans sa lutte contre la corruption et le crime organisé. La Roumanie s'en sort pour le moment avec une légère réprimande. Le rapport de la commission évoque des "problèmes graves" dans l'attribution de mandats publics avec les fonds UE ainsi que de la corruption et du crime organisé au plus haut niveau.
Jamais encore la Commission UE n'a prononcé un jugement aussi dur. Elle exige des mesures de correction crédibles ainsi qu'une réforme en profondeur des structures, car, ajoute-t-elle, il s'agit tout de même de l'argent des contribuables.
La Suisse n'en est manifestement encore pas là. Des millions et des milliards de dits "paiements de cohésion" sont offerts en cadeau aux nouveaux membres de l'UE sans que celle-ci n'offre la moindre contrepartie à la Suisse. Le premier milliard devra être versé jusqu'en 2012 sous la forme de "participations à des projets" dans les pays qui ont récemment adhéré à l'UE. A titre d'exemple, la Suisse a dépensé 190 000 francs en avril 2008 en faveur d'un centre de rencontre en Nicosie (Chypre). On imagine mal que ce "salon de café", qui devrait prétendument servir à améliorer la communication entre Grecs et Turcs, corresponde réellement à l'idée que se font la plupart des contribuables suisses d'un projet d'aide au développement.
Alors que Bruxelles a suspendu toute aide financière, le Conseil fédéral vient de libérer une nouvelle tranche de 257 millions de francs pour les paiements de cohésion. Une farce authentique, car la Suisse ne recevra strictement rien en retour. Et il n'y a aucun doute que le Parlement approuvera ce versement sans exiger la moindre condition. Les eurofanatiques du Conseil fédéral et du Parlement sont prêts à tout pour faire plaisir à l'UE. Fort de ce constat, des parlementaires européens affirment avec arrogance qu'il serait temps d'ouvrir des négociations sur de nouveaux versements suisses. La coalition de centre-gauche qui est au pouvoir à Berne s'empressera évidemment d'y répondre positivement et de distribuer encore une fois généreusement l'argent des contribuables suisses.
Conclusion: il est grand temps de stopper ce gaspillage d'argent.
- Les 257 millions de francs pour la Roumanie et la Bulgarie doivent être soumis au référendum obligatoire et liés à des conditions et des contreparties clairement définies. Ils ne doivent en tout cas pas être versés avant que Bruxelles n'ait levé ses sanctions contre la Bulgarie.
- Le milliard pour les pays de l'est, qui a été approuvé le 26 novembre 2006 malgré la résistance de l'UDC et de l'ASIN, doit être lié à des conditions sévères et celles-ci doivent être imposées sans complaisance aucune.
- Les autres "paiements de cohésion" et exigences analogues doivent être soumis au référendum obligatoire et liés à des contreparties concrètes.
Les exigences arrogantes de l'UE et l'attitude de soumission manifestée par la Berne fédérale prouvent à l'évidence que l'initiative ASIN "Accords internationaux: la parole au peuple", qui soumet au référendum obligatoire les versements importants à l'étranger, répond à une nécessité urgente.