Le canton de Vaud va soutenir l'entrée en apprentissage des jeunes adultes sans formation professionnelle qui dépendent du revenu d'insertion (RI). Le Grand Conseil est entré en matière mardi sur une modification de loi en ce sens.
Le texte, qui réunit quatre lois, s'inscrit dans les mesures du gouvernement vaudois pour lutter contre la crise. Il prévoit de pérenniser le programme d'insertion des jeunes adultes FORJAD, une expérience pilote lancée il y a trois ans. Il veut aussi harmoniser les normes du RI et des bourses d'études.
Essai positif
En résumé, l'Etat offre une orientation vers l'apprentissage plutôt qu'une assistance. Il complétera le revenu d'apprentissage, moins élevé que le RI, par des bourses afin de casser l'effet de seuil, a expliqué le chef du Département de l'action sociale.
Les premiers résultats du programme FORJAD sont encourageants: sur les quelque 400 jeunes l'ayant suivi lors des deux premières volées, le taux de réussite moyen est de plus de 70%, s'est réjoui Pierre-Yves Maillard.
La nouvelle formule signifie une augmentation du budget des bourses d'études de 11,4 millions qui s'intégrera nouvellement dans la facture sociale, avec 8,8 millions de plus à la charge de l'Etat. Pour les communes qui assumaient jusqu'ici 50% des coûts du RI, la neutralité des coûts est garantie dans la durée.
Former plutôt qu'assister
La gauche s'est félicitée de ce que le Conseil d'Etat se saisisse d'un problème qualifié de véritable «bombe à retardement». Le but est clair: donner aux jeunes une formation plutôt que les assister. Verts, radicaux et UDC se sont également montrés favorables au projet du gouvernement.
Seul le libéral Rémy Pache a estimé que ce remaniement de loi était brinquebalant et qu'il ne fallait pas entrer en matière. Il s'est élevé contre la bascule de l'ensemble des bourses dans la facture sociale. Au final, l'entrée en matière a été plébiscitée par 94 oui, dix non et cinq abstentions. (ATS)
Commentaire:
Concernant les chiffres vaudois de l'aide sociale: Sur un nombre total de 14'286 personnes établies dans le canton de Vaud en Janvier 2009 et qui perçoivent le revenu d’insertion : 49% sont Suisses, les 51% sont étrangers et proviennent à 19% de l’UE, 13% de divers pays d’Europe, et 20% du reste du monde ! Comment est-ce possible ? D’après le bureau de l’intégration, seuls les résidents étrangers de longue durée (permis C) peuvent vraiment prétendre à une aide sociale cantonale. Les permis C eux ont de fait les mêmes droits que les suisse et leur permis C ne peut être retiré et on ne peut les forcer a rentrer chez eux (les pays sources se déchargent allégrement sur nous). Les permis B peuvent aussi recevoir l’aide sociale s’ils perdent leur emploi avant la fin de l’année, alors que les refugies et requérants d’asile ne tombent pas sous le coup de l’aide sociale mais d’une autre procédure payée par la confédération. Pour les autres, les communes paient, et se font rembourser par la péréquation cantonale.
Ce qui est intéressant, c’est que les personnes âgées ne sont pas trop représentées du fait de leurs rentes retraites. Par contre, 60% environ des bénéficiaires de l’aide sociale sont des personnes seules sans activité économique du fait d’un faible niveau de qualification (un comble en Suisse, à moins qu'ils préfèrent glander le reste de la journée!) , 22% des familles monoparentales et 14% des familles avec enfants. Cela relativise le prêchi prêcha de la gauche qui ne parle que de la précarité des familles. Différentes études montrent également que les femmes avec enfant qui se séparent de leur mari tombent plus facilement dans la précarité. Cela devrait nous interpeller pour empêcher certains mouvements féministes qui encouragent les femmes à se mettre au social et rançonnent leur ex mari avec des demandes de contribution excessives qui plongent souvent la famille dans le désarroi. D'une manière générale, il est consternant de lire une certaine resignation de la part des offices en charge de ce dossier qui préfèrent rejeter la faute sur la société....bref, c'est pas demain qu'ils sortiront du social, et tant pis pour ceux qui bossent.
Situation à Morges:
D’après les comptes cantonaux, le taux de personnes étant au RI à Morges n’est que de 3.8%, ce qui est un des plus bas des villes du canton, mais néanmoins plus haut que les 2.2% des suisses à l’assistance publique au niveau suisse. Le nombre total de dossiers traités par la ville est de 957…mais des détails plus précis ne sont pas disponibles.
Pour plus d'information:
Statistiques fédérales du chômage – Avril 2009
http://www.amstat.ch/infospc/public/archiv/200904_fr.pdf
Statistique fédérale sur l’aide sociale et la statistique de la pauvreté:
http://www.bfs.admin.ch/bfs/portal/fr/index/themen/13/22/press.Document.119409.pdf